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  Caractéristiques du texte de théâtre

  




 Le théâtre est un genre littéraire dont la particularité, à la différence du roman, est qu’il n’est pas destiné à être lu. Sa finalité est un spectacle et non un texte. C’est pourquoi, lorsqu’on lit ou étudie un texte de théâtre, il faut sans cesse penser au spectacle qui doit en être l’aboutissement.
     La notion de genre au théâtre n’a de sens que dans certains pays et à certaines époques. D’une manière générale, le genre apparaît si l’on fixe une norme: norme de la tragédie qui s’oppose à la comédie ; norme du drame qui refuse la séparation du tragique et du comique; norme du vaudeville qui adapte le rire aux réalités du temps et de l’espace. 
La notion de genre, fondée par la détermination de critères formels précis, est une notion essentiellement classique. Elle ne peut donc s’appliquer que pour les époques caractérisées par un équilibre d’écriture (les théâtres grec et latin ; les XVIe et XVIIe siècles italiens et français ; le XVIIIe siècle, et, à la rigueur, le romantisme français, encore très dépendant des valeurs classiques). 
  Cinq grandes catégories permettent de déterminer les genres : l’origine sociale des personnages ; la possibilité qu’ils ont d’exercer leur libre arbitre (rôle de la fatalité, du hasard, etc.) ; le ton général de la pièce ; le ton du dénouement ; les sentiments des spectateurs sollicités.

 I. Caractéristiques du texte de théâtre

 Le texte de théâtre raconte lui aussi une histoire mais à sa manière. Il est écrit pour être joué par des comédiens costumés et maquillés, sur une scène avec un décor qui représente le lieu où se déroule l’action, face à des spectateurs qui regardent, écoutent et réagissent. Au sens étymologique, théâtre signifie: action de regarder.

 1. Découpage 

Quelle que soit la nature de la pièce de théâtre classique, comique ou tragique, elle se découpe en plusieurs actes écrits en chiffres romains. Chaque acte se compose, quant à lui, de plusieurs scènes (Ex : II, 1 pour la scène première de l’acte deux).
L’acte est une unité d’action et le changement d’acte permet des changements de décor. Le changement de scène se justifie, quant à lui, par la sortie d’un personnage ou l’entrée d’un nouveau personnage.
 En règle générale, l’action théâtrale est organisée autour de quatre temps forts à savoir : 
1.1. L’exposition (concentrée dans les premières scènes de l’acte I) qui précise la situation initiale en renseignant sur le lieu, le temps, les personnages et leurs relations. 
1.2. Le nœud de l’intrigue (actes II et III) qui correspond à l’ensemble des conflits qui gênent la progression de l’action et sont autant d’obstacles à la volonté des héros. 
1.3. Les péripéties (acte VI) qui infléchissent le cours de l’action et retardent ou modifient le dénouement attendu. 
1.4. Le dénouement (acte V) qui marque la résolution définitive du conflit. Heureux dans la comédie, il est le plus souvent marqué par la mort dans la tragédie. Idéalement, il doit résulter de la logique de l’action elle-même et éviter les interventions peu crédibles.

 2. Composantes

 Le texte théâtral a la particularité d’être écrit pour être joué sur scène. Il est à considérer selon un double niveau : 
2.1. Le dialogue théâtral 
L’auteur s’adresse au public par l’intermédiaire des discours échangés par les acteurs. Mais le texte donne aussi des indications à ceux qui sont chargés de la mise en scène : acteurs, décorateurs, costumier, metteur en scène.
2.2. Les didascalies
 Écrit pour être mis en scène, le texte de théâtre comporte d’abord le texte que prononcent les acteurs. En marge du texte, des didascalies, d’un mot grec qui signifie « enseigner, renseigner », décrivent les décors, les costumes, les accessoires, les mouvements scéniques [...]. Plus au moins nombreuses et précises selon les époques et les auteurs, elles orientent la mise en scène et la lecture.

 II. Genres dramatiques

 En Grèce, le théâtre est issu du Culte de Dionysos, dieu du vin, et les représentations avaient lieu à Athènes deux fois par an, à l’occasion de fêtes données en l’honneur de Dionysos. Un concours mettait en compétition les dramaturges (trois pour la tragédie, trois à cinq pour la comédie).

 1. La tragédie

 1.1. La tragédie grecque
 Ce qui est certain, c’est que le genre s’est développé en Grèce dans le cadre de « festivals » initiés et soutenus par l’État. Chaque année, à l’occasion des fêtes de Dionysos (vers la fin janvier et la fin mars), l’ « archonte » de la cité autorisait trois auteurs à concourir, chacun d’eux devant présenter trois tragédies et un drame satyrique. Les citoyens les plus riches supportaient les frais du spectacle et l’État octroyait aux plus pauvres une indemnité pour leur permettre d’y assister. Un jury représentatif de la cité désignait le vainqueur. Institué sous Pisistrate (600-527), ces « concours tragiques » témoignent de la puissance de la ville et de sa civilisation. A l’époque de Périclès (495-429) et de l’hégémonie d’Athènes, ils constituaient l’une des fêtes les plus brillantes de la Grèce.
 Telle qu’on peut la lire aujourd’hui, la tragédie grecque se résume à trois noms : Eschyle, Sophocle et Euripide ; et elle tient tout entière dans les soixante-dix ans qui séparent la création des Perses (472) d’Eschyle de la représentation d’Œdipe à Colone de Sophocle (401). Non qu’avant ou après, il n’y ait rien eu, mais les textes se sont perdus ou nous sont parvenus dans un état si fragmentaire qu’il est difficile de s’en faire une idée.
La tragédie grecque se compose de deux éléments distincts: les personnages qui dialoguent entre eux sur scène, et le « chœur » qui, entrant sur le théâtre par l’orchestra se dispose face aux spectateurs sur trois rangs.
      La fatalité est souvent la source du fait tragique grec. La tragédie grecque illustre toujours le revirement du bonheur au malheur et la fragilité de la destinée humaine. 
1.2. La tragédie latin
e La tragédie latine nous renvoie à un auteur illustre, à savoir Sénèque. On a conservé neuf de ses tragédies dont Œdipe roi et Phèdre. Le titre même de ses pièces indique qu’il puise ses sujets dans le fonds mythique et légendaire des Grecs.
 1.3. La tragédie classique
 La tragédie classique « régulière », codifiée, naît à partir des années 1630.
 D’une part, les conditions matérielles et morales changent. Sous Henri IV, les troupes de comédiens étaient souvent médiocres et de mauvaise réputation. La création en 1629, par Louis XIII, de la troupe des « Comédiens du Roi » - qui s’installe chez les Confrères de la Passion, dans un Hôtel de Bourgogne en partie rénové- et celle du Théâtre du Marais par l’acteur Mondory en 1634 dotent Paris de bons acteurs et de salles de spectacle dignes de ce nom. Durant près de cinquante ans, ces deux théâtres se partageront les grandes œuvres du répertoire.
 D’autre part, Richelieu encourage la production dramatique : à son initiative se forme le groupe des « cinq auteurs » (Rotrou, l’Estoile, Boisrobert, Colletet et Pierre Corneille). Longtemps décrié, le statut du dramaturge s’améliore enfin. Attirée par des œuvres plus élaborées et par l’amélioration de la sécurité des représentations, la bonne société retrouve le chemin du théâtre. Corneille peut, sans choquer ni surprendre, exalter dans L’Illusion comique (V, 5, v. 1645-1652) l’honorabilité et la fonction morale de son métier.
 Dans le même temps, théoriciens et dramaturges réfléchissent sur l’art dramatique. Ils redécouvrent la Poétique d’Aristote, qui, commentée, interprétée à l’envi et, parfois, trahie, sera au centre de l’esthétique classique […].
Rien pourtant n’aurait été possible sans les œuvres de dramaturges de talent et parfois de génie. Esthétiquement une, la tragédie classique n’a toutefois pas connu d’existence uniforme. On peut en gros distinguer trois périodes :
 - un premier classicisme (encore appelé par la critique littéraire un « préclassicisme») qui va, en dates rondes, de 1640 à 1660 et qui correspond à la génération de Corneille: outre l’auteur du Cid, il s’illustre avec des dramaturges comme Jean Mairet (1604-1686), Jean Rotrou (1609-1650) ou Georges de Scudéry (1601-1667) ;
- un classicisme épanoui, contemporain de la première moitié du règne de Louis XIV (1660-1685), il est naturellement incarné par Racine ; 
- un néo-classicisme […] propre à la fin du XVIIe et au XVIIIe siècle, et qui englobe, non sans schématisme, la production dramatique de Crébillon, de Voltaire ou de Marie- Joseph Chénier. Car même si la tragédie classique se résume aux yeux du grand public au théâtre de Corneille et de Racine, celle-ci se maintient avec succès jusqu’à l’aube de la Révolution. 
1.3.1 Caractéristiques
 - La structure 
Elle se compose de cinq actes.
 - Les personnages
 Ils sont historiques ou légendaires, de condition élevée (rois, héros). 

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